Le diabète : l’état des faits
Au Canada, 3.8 millions de personnes ont le diabète, cette maladie chronique où le taux de sucre dans le sang est trop élevé. Les dommages causés sont aux vaisseaux sanguins et aux nerfs. Ce qui amène des maladies cardiovasculaires et des problèmes aux yeux, aux reins et aux membres inférieurs. Ce billet s’inspire d’un dossier paru dans Québec Science, octobre-novembre 2025.
Au Québec, le diabète cause 40 % des crises cardiaques, 30 % des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et 50 % des insuffisances rénales menant à la dialyse. En 2024, environ 16 % des décès étaient liés au diabète. Et les dépenses de santé, reliées à ce problème étaient de près de 19 milliards.
De nouveaux médicaments, la médecine régénératrice et l’amélioration du dépistage et de la prévention contribuent à diminuer ce fardeau. On parle maintenant de prévention, de rémission et de guérison.
Aujourd’hui, le diabète affecte 1 personne sur 10. En 2050, ce sera 1 sur 8. Dans 90 % à 95 % des cas, c’est un diabète de type 2. Le type 1 survient dans 5 % à 19 % des cas. Les diabètes rares se déclarent dans 2 % des cas. Il s’agit du type 1.5 (diabète auto-immun latent de l’adulte) ou de diabètes génétiques. Par ailleurs, il existe aussi le diabète de grossesse (1 femme enceinte sur 10).
Le diabète de type 1 se manifeste souvent dans l’enfance. Il se contrôle avec des injections d’insuline. Il y a plus de 40 facteurs qui influencent la glycémie (le nombre de glucides aux repas, le degré d’activité physique, le stress, la fatigue, les émotions…). La vie des malades est changée par les progrès dans la prise en charge (lecteurs de glycémie, pompes à insuline…). Récemment, quelques diabétiques sont tombés en rémission avec l’injection dans la veine porte de cellules bêta des îlots de Langerhans de plusieurs donneurs. Ces cellules se sont logées dans leur foie et ont commencé à sécréter de l’insuline.
«Au printemps 2025, Santé Canada a approuvé un médicament, le teplizumab, qui retarde l’apparition du diabète de type 1 de deux ans en moyenne chez les gens à risque» (Ibid.). Enfin en septembre 2024, une équipe chinoise a transformé des cellules adipeuses d’une patiente diabétique en cellules souches pluripotentes qui sont devenues des cellules productrices d’insuline. Retransplantées à leur propriétaire, les cellules ont guéri son diabète.
Pour le diabète de type 2, il faut changer certaines habitudes néfastes qui accumulent des graisses intra-abdominales. «Les cellules adipeuses intra-abdominales produisent des réactions biochimiques qui envoient dans la circulation sanguine des molécules inflammatoires et des acides gras. Ces molécules interfèrent avec la capacité des cellules à répondre à l’insuline» (Ibid.). Pour ce faire, on recommande une alimentation sans aliments ultra-transformés, une perte de poids et un mode de vie plus actif. Chez les personnes prédiabétiques au Royaume-Uni un programme de prévention consistant en 13 rencontres d’éducation, d’encadrement et d’encouragement a fait diminuer de 31 % le nombre de nouveaux cas de diabète de type 2 chez les individus prédiabétiques.
Avec la chirurgie bariatrique chez des diabétiques, le taux de rémission varie de 33 % à 90 %.La metformine réduit la résistance à l’insuline. Les analogues de l’hormone GLP-1 (Ozempic, Wegovy) diminuent la glycémie et font maigrir.
Un programme national de lutte contre le diabète de type 2 améliorerait grandement la santé des québécois et s’autofinancerait en diminuant les frais de santé des québécois.
Billet # 336