Les secrets des centenaires

En 1950, il y avait, dans le monde, 23 000 centenaires pour 2,5 milliards d’habitants. L’explication scientifique était le hasard. Les centenaires étaient trop exceptionnels pour chercher une autre raison. En 2024, ils étaient 722 000, soit 30 fois plus. «Maintenant que l’on commence à constater un nombre suffisamment important de personnes qui vivent un siècle ou plus, on peut enfin se pencher sur cette question et trouver des explications. C’est tout nouveau » (J.M. Robine, Science & Vie, no 1301, février 2026).

Notre espérance de vie est de 80 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes. Les centenaires étaient 23 000 en 1950, 95 000 en 1990, 722 000 en 2024. Ils seront 4 000 000 en 2054. Ce billet s’inspire d’un texte de Lise Gougis paru dans le Science & Vie cité plus haut.

«Il existe très peu de preuves étayant l’existence d’une composante génétique majeure dans la longévité… On estime en tout cas que la longévité est attribuable à 30 % aux gènes et à 70 % à l’exposome-tout ce à quoi on a été exposé au long de la vie» (Ibid.).

L’exposition commence tôt. Il y a deux fois plus de centenaires chez les diplômés universitaires que les personnes sans diplôme. «Cela reflète une aisance économique et un capital éducatif qui permettent d’être mieux informé sur sa santé» (J.M. Robine, (Ibid.)

Ils se concentrent en Amérique du Nord, en Europe, et en Asie. Le Japon est leader avec 120 000 centenaires, soit 10 pour 10 000 habitants.

Les centenaires sont des femmes 8 fois sur 10. Ceci peut s’expliquer par un meilleur suivi médical, une consommation moindre de tabac et d’alcool, des métiers moins pénibles et par des hormones qui pourraient jouer un rôle protecteur.

Ils ont un profil biologique hors pair :

des bactéries anti-inflammatoires dans le microbiote (Bifidobacteriaceae) et aux effets antimicrobiens (Odoribacteraceae)

un métabolisme ultra-efficace avec des taux très bas de mauvais cholestérol, de glucose et de marqueurs d’inflammation comme l’acide urique

des globules blancs en masse. Les lymphocytes T cytotoxiques pour combattre les virus et les cancers sont prédominants

des cellules plus jeunes. L’ADN témoigne d’un âge biologique inférieur à l’âge chronologique. Chez les centenaires la différence est en moyenne de 8.3 ans et peut aller jusqu’à 23 ans.

Dans les zones bleues, ces régions du monde à forte densité de centenaires (Italie, Grèce, Japon ou Costa Rica), ils ont des habitudes communes. «On y retrouve un régime de type méditerranéen, riche en poissons, légumes, fruits secs et pauvre en viande et produits transformés» (J.M. Lemaître, (Ibid.). Ils sont toujours physiquement actifs (agriculture, jardinage, berger). «Ils ont souvent beaucoup marché et ont conservé des liens sociaux forts» (D. Brenner, (Ibid.). «Ils ont bénéficié d’un environnement isolé des centres urbains , notamment en montagne ou en bord de mer, et doté d’une bonne qualité de l’air» (Ibid.)

Les recherches se poursuivent, pas nécessairement pour vivre plus vieux, mais plus longtemps en bonne santé.

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