Mise à jour sur le sang
Les hémorragies causent 40 % des décès associés à un traumatisme et plus de 25 % des morts maternelles lors de l’accouchement. «Au Québec, une personne a besoin de sang toutes les 80 secondes, à la suite d’un accident, lors d’une intervention chirurgicale ou encore pour traiter une maladie. Et avec le vieillissement de la population et l’augmentation de la fréquence de certains cancers, la demande en sang ne cesse de croître. Au Canada, elle devrait augmenter de près de 10 % au cours des cinq prochaines années» (M. Corniou, Bientôt du sang de labo à 100 %, Québec Sciences, vol. 64, no 8, juin 2026). Ce billet s’inspire de cet article.
Le don de plasma permet de fabriquer des immunoglobulines, de l’albumine et des facteurs de coagulation. Les globules rouges donnent de l’oxygène à tous les organes et évacuent le CO2. Les globules blancs s’occupent de la défense immunitaire et les plaquettes sont nécessaires pour la coagulation.
Le Québec a besoin de 1 000 dons par jour en sang, en globules rouges, en plaquettes ou en plasma. Les plaquettes se conservent 5 jours et les globules rouges 42 jours. Les hommes peuvent donner du sang total 6 fois par an et les femmes 4 fois. Les dons de plasma et de plaquettes sont possibles plus fréquemment. Au Québec, près d’une personne sur sept a déjà reçu une transfusion. En Ukraine, à cause de la guerre, les besoins en sang ont augmenté de 20 %. Les pays occidentaux peuvent augmenter leur production de 2 à 3 % seulement en cas de besoin.
Les recherches se poursuivent pour du sang artificiel, qui pourrait être sécuritaire, disponible en tout temps, en quantité suffisante et se conserver longtemps. À partir de cellules souches circulant dans le sang, des globules rouges ont été multipliés dans des boîtes de Petri. Un demi-million de cellules souches donne 50 milliards de globules rouges. Dans une goutte de sang, il y a 60 millions de globules rouges. La moëlle osseuse, elle, en produit 200 milliards par jour, soit 2 millions par seconde.
Une autre compagnie a produit des globules rouges dans des bioréacteurs de 10 litres en 21 jours. La projection est qu’il y aura des essais cliniques dans 5 ans et une utilisation clinique dans 10 ans, à petit volume. Pour des raisons de coût et de logistique, le sang artificiel ne pourra pas remplacer toutes les transfusions.
«Ces globules rouges pourraient surtout bénéficier aux personnes qui reçoivent des transfusions tout au long de leur vie, par exemple, celles qui souffrent de thalassémies, des maladies héréditaires caractérisées par une production réduite d’hémoglobine» (Ibid.) Elles reçoivent des transfusions aux deux ou trois semaines qui leur font accumuler beaucoup de fer. Ce qui occasionne des conséquences multiples. Les globules rouges de laboratoire sont tous neufs et permettraient d’augmenter l’intervalle de transfusion à 4 ou 6 semaines.
De plus, avec les globules rouges de laboratoire, il est possible d’enlever les marqueurs à la surface (ABO, rhésus, Kell, Duffy, Kidd…) en utilisant le système d’édition génomique CRISPR-Cas9. «Cette technique pourrait être envisagée pour des personnes ayant des sangs très rares et se trouvant dans des impasses transfusionnelles sans dons compatibles.
Finalement, au Japon, de la poudre d’hémoglobine séchée extraite de globules rouges périmés et encapsulée dans une bulle de lipides a été injectée à des volontaires avec succès. Elle est utilisable sur le terrain, loin des réfrigérateurs, et pourrait être mise en marché vers 2030.
«Le jour où le sang de laboratoire arrivera, ce sera vraiment une révolution» (Ibid.).
Billet # 344