Le pouvoir de la bienveillance

«C’est prouvé : faire preuve de générosité et aider les autres, c’est bon pour notre propre santé mentale. À l’heure où la cohésion sociale s’effrite, il est temps de prendre la bienveillance au sérieux, pensent des scientifiques» (R. Derome, Le pouvoir de la bienveillance, Québec Science, volume 64, numéro 5, janvier-février 2026).

La bienveillance envers les autres est l’une des caractéristiques distinctives des êtres humains. K. Dunfield, professeure de psychologie à l’Université Concordia affirme que l’être humain aide ses semblables «plus souvent, dans plus de situations, avec plus d’individus différents et de manière plus flexible que les autres espèces» (Ibid.).

Il peut s’agir de saluer l’employé à l’épicerie, de garder la porte ouverte à quelqu’un, d’aider un ami à déménager, de consoler une consoeur de travail, de faire un don de sang, de contribuer à un organisme de charité, de pousser la voiture de quelqu’un au lendemain d’une tempête… En 2023, 3 adultes sur 4 dans le monde ont donné de leur temps ou de leur argent, ou encore ont aidé un inconnu.

Faire preuve de sollicitude, de bienveillance, de générosité, aider ou réconforter les autres… contribue à notre bien-être, à notre santé psychologique et à la qualité de nos relations. L. Aknin, professeure de psychologie sociale à l’Université Simon Fraser, soutient que «notre espèce a évolué pour trouver les actes de générosité gratifiants à court terme, parce qu’ils facilitent les liens sociaux à long terme» (Ibid.).

Homo sapiens est une espèce hypersociale. C’est une question de survie. Et l’un des principaux moyens pour créer des liens sociaux c’est les comportements prosociaux : les gestes faits pour le bien d’autrui. Et ce faisant, les gens se sentent plus heureux après l’expérience.

Marsh, professeure de psychologie à la Georgetown University (États- Unis) a fait des travaux sur le continuum de la bienveillance. «À une extrémité du spectre, on trouve les personnes antisociales, comme les psychopathes insensibles à la détresse des autres…Mais à l’autre bout, il y a les altruistes extraordinaires : des gens prêts, par exemple, à donner un rein à un parfait inconnu ou à risquer leur vie pour en sauver une autre» (Ibid.).

N. Macklin, chercheuse à l’Université d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, pour son doctorat, s’est penchée sur la bienveillance dans le système de santé. Il n’est pas nécessaire d’être empathique pour être bienveillant. «Ainsi, la bienveillance ne nécessite ni souffrance ni blessure d’autrui pour s’exprimer» (Ibid.). Même en déficit de compassion, la bienveillance peut être présente.

«L’incivilité entre les membres de l’équipe de soins s’est avérée être la cause principale d’erreurs, de complications et de décès évitables. Dans les environnements où la bienveillance est la norme, on observe des niveaux élevés de sécurité psychologique. Les gens collaborent naturellement, partagent les informations au bon moment, et les projets se réalisent de manière plus efficace. Les employés sont moins épuisés, tombent moins souvent en arrêt de travail et choisissent de rester en poste. La bienveillance n’est donc pas un luxe ou un sacrifice, mais un investissement» (Ibid.).

Au Québec, depuis 2021, la loi oblige les employeurs à se doter d’un plan de prévention qui tient compte des facteurs de risques psychosociaux afin de protéger la santé psychologique du personnel. «Il est question de favoriser la reconnaissance du personnel, la justice dans l’organisation, de traiter le personnel avec respect, dignité et politesse, de lui fournir le temps, les outils et les ressources nécessaires au travail» (Ibid.).

«La bienveillance permet de créer du lien et de reconstruire la cohérence sociale dans nos communautés… La bonne nouvelle, c’est que tout le monde peut développer sa bienveillance. C’est comme un muscle : plus on s’entraîne, plus on devient doué !» (Ibid.).

Billet # 340

 

 

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